Catel, Emmanuelle Polack, Claire Bouilhac. Rose valland : capitaine beaux-arts. Dupuis, 2009-11-13, 48p. format :Album
Emmanuelle Polack . Rose valland, l'espionne du musée du jeu de paume. Gulf stream editeur, 2009-10-22, 93p. format :Album
Hector Feliciano . Le musée disparu : enquête sur le pillage d'oeuvres d'art en france par les nazis. Editions gallimard, 2009-01-15, 394p. format :BrochéA chaque librairie ses habitués. Le Professeur en fait partie. Avec son air un peu méfiant devant chaque bouquin.... Là où j'ai su, c'est quand il m'a demandé des livres récents pour "aborder la Résistance avec des élèves sans leur faire lire Vercors (pour une fois)"
J'ai ce qu'il vous faut ! Rose Valland, vous connaissez ?
Une nouvelle Lucie Aubrac ?
Vous n'y êtes pas ! Rose Valland ne résistait pas en zone libre ni dans le maquis mais...dans un musée ! Le musée du Jeu de Paume...
Ce musée parisien, c'est l'entrepôt du butin de guerre nazi pendant la guerre. Carrefour d'un pillage culturel orchestré par Hitler, par lui transitent des tableaux uniques (Matisse, Picasso, Degas) confisqués dans les galeries d'art, musées, familles juives...avant d'être envoyés dans les salons privés des dignitaires nazis ou vendus, ou encore brûlés.
Rose Valland, en véritable espionne, déjoue l'attention des soldats au sein du musée pour recenser les oeuvres avant leur départ. Les suspicions sont constantes, les menaces permanentes. Les inventaire qu'elle tient lui servent après guerre à suivre la trace des Vermeer, Rembrandts et ces milliers d'oeuvres dispersées.
Grâce à son courage, sa persévérance, et à l'aide des Alliés et de la Commission de récupération artistique, 60 000 oeuvres retournent en France.
Voici deux ouvrages récents pour découvrir le parcours exemplaire de Rose Valland :
Cette BD originale et pédagogique tout d'abord, Rose Valland, capitaine beaux-arts.
50 pages seulement pour cet album très complet découpé en deux parties.
La première retrace la vie de Rose Valland : on retrouve les dessins de Catel (à qui l'on doit entre autres le magnifique Kiki de Montparnasse) et découvre le scénario solide de Claire Bouilhac et l'historienne Emmanuelle Polack.
La seconde partie propose documents d'archive, photos, et chronologie détaillée.
BD parfaite aussi pour les adultes curieux de l'époque et du personnage !
Les plus jeunes encore pourront dès 10 ans connaître l’héroïne à travers un autre bel album illustré, Rose Valland, l'espionne du musée du Jeu de Paume.
On retrouve Emmanuelle Polack pour un récit, ici, à portée éducative : une manière originale d'aborder avec les enfants l'acte de résistance sous l'Occupation.
Le tout illustré par un dessin "à l'ancienne", très appréciable, que l'on doit à Emmanuel Cerisier.
Du coup, notre Professeur aimerait connaître la fin de l'histoire : combien d'oeuvres restent aujourd'hui erpapillées aux quatre coins du monde ? Où sont-elles ? Qui les détient ?
Un homme s'attache à retrouver ce "musée disparu", dans la continuité du travail de Rose Valland : Hector Feliciano.
A la fin des années 1980, il fouille les archives, interroge, collecte des indices et assemble, mois après mois, années après années, les pièces du puzzle. Plus qu'un travail historique, l'investigation vise à aider les familles spoliées à retrouver leurs biens.
Feliciano met alors le doigt sur de vieux dossiers explosifs : dans les musées et collections privées, l'origine de certains tableaux devient soudain très mystérieuse et dérange. Aux Etats-Unis, son livre-enquête "Le musée disparu" est rejeté plus de 30 fois par les éditeurs !
Le livre fait l'effet d'une bombe en France, où il sera accepté du premier coup, contraignant le gouvernement à exposer des oeuvres spoliées.
Voici justement une nouvelle version augmentée du "Musée disparu", intégrant de nouveaux éléments d'enquête.
Le Professeur s'attend à une somme et reste stupéfait devant cette synthèse (remarquable!) de 350 pages.
H. Feliciano y décrypte les rouages d'un pillage sans précèdent en France, pays le plus touché d'Europe par la razzia nazie. Autour de l'histoire de quelques grands familles détentrices d'oeuvres précieuses (le marchand d'arts Paul Rosenberg, la dynastie Rotschild...), il suit la trace de ces tableaux et nous emmène jusqu'au fond des mines de sel, des coffres forts suisses, des salons privés... Il met à jour les rapports parfois douteux que certains marchands d'art entretiennent avec l'occupant, et la négligence parfois un peu feinte des maisons de vente après guerre...
L'enquête est donc toujours en cours, aboutit aujourd'hui encore à des restitutions, remet en branle les rouages juridiques, sort de l'oubli des personnages historiques...
Ah j'oubliais ! Le musée de la Résistance et de la Déportation à Lyon consacre une exposition à Rose Valland jusqu'au printemps...
Mais notre Professeur feint n'avoir rien entendu. La perspective du voyage de classe, peut-être ?
Lucile
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