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On the road, again !

Toutes les références du billet
couvertureJack Kerouac . Sur la route : edition limitée. Editions gallimard, 2007-11-15, 439p. format :Poche
Notre Avis : Ecriture : simple et efficace, se lit très facilement Le livre : les héros semblent hors du temps et continuent de nous envoûter aujourd'hui NOTRE AVIS : un grand classique de la littérature internationale, écrit par un auteur dont le français était la langue maternelle. A lire absolument !
couvertureStephen King , Richard Bachman (Stephen King). Marche ou crève. Lgf, 2004-12-07, 378p. format :Poche
Notre Avis : Ecriture : simple et agréable, se lit facilement NOTRE AVIS : captivant, difficile de décrocher dès la première page lue...
couvertureCormac Mccarthy . La route. Points, 2009-05-07, 251p. format :Broché
Notre Avis : Ecriture : simple et agréable, se lit facilement Le livre : style agréable pour une ambiance oppressante NOTRE AVIS : impossible de lire cet ouvrage sans un arrière goût de poussière dans la bouche, poussière dans laquelle évoluent les héros. Captivant !
couvertureWells. La guerre des mondes. Editions gallimard, 2005-06-09, 320p. format :Poche
Notre Avis : Ecriture : style travaillé mais tout à fait abordable NOTRE AVIS : il y a tout du reportage dans cette oeuvre, appel à la justice sociale autant qu'un hommage à ces hommes et femmes qui ont du subir la misère dans le pays le plus riche du monde. Résonance actuelle !
couvertureJohn Steinbeck . Les raisins de la colère. Gallimard, 1972-05-09, 640p. format :PochecouvertureGeorges Arnaud . Le salaire de la peur. Pocket, 2002-10-12, 184p. format :Poche
Notre Avis : Ecriture : difficile de rentrer dans le livre (ennui dépeint en première partie) mais seconde partie prenante : par contraste, l'aventure est à chaque page NOTRE AVIS : une adaptation cinématographique qui a éclipsé le livre. Vaut pourtant le détour, ne serait-ce que pour y lire l'énergie du désespoir des protagonistes.
couvertureJames Ellroy . Un tueur sur la route. Rivages, 1991-04-01, 352p. format :Poche
Notre Avis : Ecriture : écriture noire par l'un des maîtres du genre NOTRE AVIS : rentrer dans la tête d'un tueur est devenu commun (cf la série Dexter!)mais ce livre est un pionnier du genre. Frissons pas prêts d'être égalés !

Certains pensent qu’elle les appelle, d’autres sont forcés de l’emprunter, bien qu’elle ne mène pas toujours quelque part : c’est la route.
Le sujet de cet article peut de prime abord surprendre. Ce serait vite oublier que la route, le cheminement, sont des métaphores communes, utilisées notamment dans les romans et mythes d’apprentissages.

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A commencer par la beat génération qui a lancé toute la jeunesse chevelue de son époque sur les routes du monde.
De San Francisco a Katmandou, chacun s’est essayé a vivre les expériences des antihéros du livre phare de cette culture : Sur la route de Jack Kerouac. Une jeunesse qui vit de rencontres, road-trips, psychotropes, le tout financé par des petits boulots itinérants. Ces jeunes gens se disputent, se battent, s’aiment, se trompent, se perdent, se retrouvent, s’admirent, écrivent et philosophent, se rêvant libres, grands intellectuels, écrivains, poètes. Le manuel d’une génération désabusée, qui tente d’échapper autant que de trouver des réponses a son désarroi, vous donnera des envies de virées en tacot rouillé dans la poussière des grands espaces Nord-Américains. L’évasion est garantie.

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Chez Stephen King, les protagonistes de Marche ou crève (d'ailleurs écrit sous le pseudonyme de Richard Bachman) sont un peu plus jeunes que ceux de Jack Kerouac.
Ce sont des adolescents, et uniquement des garçons : cent, pour être précis. Ils ont eux choisis de leur plein gré de prendre la route...pour une aventure qui mène à la mort. Un seul en réchappera !
C’est la logique qui découle des règles de ce jeu absurde ouvert aux jeunes gens par les autorités gouvernementales : cent marcheurs au départ. Un arrêt pour refaire son lacet, et l’on reçoit un avertissement. Au troisième avertissement, on est abattu sans sommation.

Pourquoi alors s’engager dans cette folie, qui est aussi un spectacle très populaire dans les Etats américains uchroniques du roman ? Les protagonistes font semblant de penser que c’est dans le but de toucher la fabuleuse récompense attribuée au vainqueur : voir l’un de ses vœux exaucé. Mais la réalité est plus complexe.
Vous l’apprendrez en même temps que les héros, au rythme des coups de feu claquants dans la nuit.

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Enfonçons-nous encore plus avant dans la cruauté avec La route, de Cormac McCarthy. L’adaptation cinématographique avec Vigo Mortensen n’est pas aussi angoissée que la version papier.

L’atmosphère post-apocalyptique dans laquelle se déroule le roman rappelle sans nul doute La guerre des mondes, de Herbert George Wells (qu’on relira afin d’oublier la pathétique version filmée de Steven Spielberg) et sa poussière blanchâtre, omniprésente, seul indice du cataclysme qui a frappé l’humanité.

Le peu que le lecteur sait avec certitude, c’est ce que le père enseigne à son petit garçon tout en cheminant vers la mer, et, peut-être, des cieux plus cléments.
Ni gouvernement, ni société organisée dans ce monde là. Chaque humain survivant rencontré au court de leur périple est un ennemi potentiel. Et l'on survit uniquement grâce aux débris de la société de consommation, la pénurie étant telle que le cannibalisme est la norme.
Et ces survivants n’ont rien de Mad Max : ce sont des clochards sales qui se volent les uns les autres le maigre contenu de leurs caddies en se frappant avec des bouts de bois.
La déchéance de ces êtres déshumanisés est totale.

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Une misère humaine bien réelle que l'on retrouve dans l'excellent Les raisins de la colère. La aussi, la misère jette des humains sur les routes.
Et comme dans La route, les personnages de Steinbeck rêvent d’un ailleurs meilleur, sans toutefois pouvoir réellement compter sur les autres humains pour y arriver.

Sauf qu'ici le récit ne relève plus de la fiction : tout cela s’est réellement produit.
La Grande Dépression, les tempêtes de sables qui détruisent les cultures et provoquent l’expropriation des petits exploitants au bénéfice des grandes compagnies agricoles. Le monde inventé par les pionniers s’effondre, et leurs descendants ne sont plus que des miséreux, de la main d’œuvre bon marché qu’on exploite.

Un monde dont le crépuscule s’achève sur une note d’optimisme amère, toute empreinte encore de fierté :

I ain't never gonna be scared no more. I was, though. For a while it looked as though we was beat. Good and beat. Looked like we didn't have nobody in the whole wide world but enemies. Like nobody was friendly no more. Made me feel kinda bad and scared too, like we was lost and nobody cared.... Rich fellas come up and they die, and their kids ain't no good and they die out, but we keep on coming. We're the people that live. They can't wipe us out, they can't lick us. We'll go on forever, Pa, cos we're the people.

4Le besoin d’argent, l’espoir de partir…ces mêmes raisons poussent les aventuriers miséreux a prendre la route dans Le salaire de la peur, de Georges Arnaud.
Chargés de conduire un chargement d'explosifs par camion, sur les routes étroites de la cordillère des Andes, ils n’ont pas le choix : pour eux aussi, c’est marche ou crève.

On n’oubliera pas ici le grand film de François Clouzot, avec Yves Montand et Charles Vanel, qui donne un autre aperçu de l’œuvre, au moins aussi intéressant que le livre.
Mais on ne sort de toute façon pas indemne de ce face a face constant de ces hommes courageux avec la mort.

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Enfin, si vous en avez assez de tous ces quidams qui vagabondent plus ou moins joyeusement sur le macadam, pourquoi ne pas en supprimer quelques-uns avec Un tueur sur la route, de James Ellroy ?

Le maître américain vous fera découvrir au fil des kilomètres un tueur en série au quotient intellectuel surdimensionné, au travers des yeux du psychopathe en question.
Ce n’est pas si souvent que l’on peut lire un livre au travers des yeux d’un meurtrier, et cela peut se comprendre : quand c’est aussi bien fait qu’ici, c’est terrifiant.

Martial Goger

Publié le : 11-03-2010

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7 commentaires postés

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#3 Posté par Martial le 15-03-2010 à 10:40 Signaler un abus

Je ne vais pas pouvoir etre tres utile ici, car je n'ai pas lu ce livre non plus ! Mais d'apres ce que j'ai pu voir dans le film, ca s'inscrirait tout a fait dans le sujet: l'histoire est belle, et le personnage central tres interessant...

#4 Posté par jutiboli le 15-03-2010 à 18:44 Signaler un abus

Encore quelques mots pour alimenter le sujet et encourager d'autres lecteurs. J'avoue que j'ai beaucoup cherché, pensant plus à des films qu'à des livres pour parler de route. Bien sûr, en premier la très belle route de Madison.

même si c'est un film également, j'ai beaucoup aimé la lecture du Lièvre de Vatanen d'Arto Paasilinna. Je n'ai découvert ce livre qu'à la sorti du film et la réédition en Folio. L'auteur nous déséquilibre dans nos convictions et finalement nous embarque dans cette histoire que les critiques avaient saluées du terme "d'écolo".

#5 Posté par aragorn76 le 18-03-2010 à 17:59 Signaler un abus

Bon, par définition, une sélection est forcément limitée.
Je me permets cependant de vous proposer d'y ajouter le fabuleux ouvrage de Sylvain Tesson : 'Petit traité sur l'immensité du monde' où l'auteur-marcheur vagabonde 'on the roads' et dans les esprits ouverts aux reliefs et aux plaines.

#6 Posté par la redaction le 18-03-2010 à 20:22

Merci Jutiboli et Aragorn76 d'étoffer cette sélection avec ces références :-)
Le lièvre de Vatanen d'Arto Paasilinna ajouté de ce pas sur libriolounge (j'avais beaucoup aimé du même auteur Le cantique de l'apocalypse joyeuse, plein d'humour et de dérision, toujours sur le thème de la nature, cher à l'auteur )
Sylvain Tesson et son Petit traité sur l'immensité du monde ajouté aussi (et tombant à pic, j'ai des envies de voyage !)

#7 Posté par laurent le 26-03-2010 à 16:29 Signaler un abus

juste pour l'info, il y a une petite expo sympa intitulé "on the road" à la Maison Europenne de la Photo (MEP) dans le Marais. Jusqu'au 4 avril;

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